Une huile essentielle photosensibilisante rend la peau réactive à la lumière : appliquée puis exposée aux UVA, la zone se met à brûler. Les responsables sont les furocoumarines, aussi appelées psoralènes. La Société française de dermatologie cite la bergamote, le citron vert et l’orange amère parmi les agrumes en cause, dans leur jus comme dans les parfums. N’appliquez aucun produit qui en contient sur une peau que vous allez exposer au soleil.
Comment la réaction se produit
Le Manuel MSD (mise à jour d’avril 2026) décrit la phytophotodermatite comme une réaction cutanée phototoxique : la peau entre en contact avec des furocoumarines, puis elle reçoit des UVA. La Société française de dermatologie rappelle que les UVA traversent les vitres et les nuages. Un contact bref et un soleil voilé suffisent à déclencher une réaction sévère.
Les plantes et huiles concernées
D’après la Société française de dermatologie (Dermato-INFO, 31 octobre 2025) :
- les agrumes : citron vert, orange amère, bergamote ;
- les Apiacées : persil, céleri, panais, carotte sauvage, et la berce du Caucase, la plus dangereuse ;
- le figuier, surtout ses feuilles, en été ;
- la rue et la fraxinelle.
L’ANSM range l’huile essentielle de rue parmi les huiles vendues uniquement en pharmacie, en raison de ses propriétés phototoxiques.
Pour la bergamote et les autres agrumes, lisez nos fiches sur l’huile essentielle de bergamote et sur les agrumes en huiles essentielles. Lisez toujours l’étiquette et la fiche du fabricant : elles indiquent si le produit est photosensibilisant.
Les signes à reconnaître
- Des plaques rouges, puis des vésicules ou des bulles, qui ressemblent à des brûlures sévères (Manuel MSD).
- Une pigmentation brune, en lignes ou en motifs irréguliers, qui persiste de quelques semaines à plusieurs mois (Manuel MSD).
- Parfois, seulement des taches brunes durables, sans brûlure visible (Société française de dermatologie).
La Société française de dermatologie signale que la réaction se confond avec une brûlure ou une infection, en particulier chez l’enfant.
Les bons gestes
- N’appliquez pas de parfum, d’huile ou de crème contenant ces substances avant une exposition au soleil.
- Après avoir manipulé un agrume ou une huile concernée, lavez-vous les mains et la peau.
- Couvrez la zone si vous ne pouvez pas éviter le soleil.
- Gardez ces flacons hors de portée des enfants, comme toutes les huiles essentielles (Anses).
- Consultez un médecin si une réaction est étrange, douloureuse ou persistante.
La Société française de dermatologie précise aussi qu’après une ingestion, les brûlures touchent parfois toutes les zones exposées au soleil. Ne prenez pas ces huiles par voie orale sans avis médical.
Après un coup de soleil classique
Une phytophotodermatite n’est pas un coup de soleil ordinaire : elle demande un avis médical. Pour les rougeurs légères d’une exposition sans produit, notre article sur les soins après un coup de soleil présente les usages possibles, avec leurs précautions.
Le dossier de la Société française de dermatologie est consultable sur Dermato-INFO.