Pendant l’allaitement, le Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT) conseille de plutôt s’abstenir d’utiliser des huiles essentielles à visée thérapeutique. La raison : dans la grande majorité des cas, aucune donnée ne dit si elles passent dans le lait, ni comment vont les enfants allaités par des mères qui en utilisent. Avant tout usage, parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien.
Ce que conseille le CRAT
La fiche « Huiles essentielles et allaitement » du CRAT, mise à jour le 6 janvier 2026, distingue trois situations :
- usage thérapeutique : plutôt s’abstenir, faute de données sur le bénéfice comme sur le risque ;
- cosmétique et hygiène : consulter le laboratoire qui commercialise le produit ;
- exposition professionnelle : voir le médecin du travail pour faire le point sur les conditions d’exposition.
Vous trouverez la fiche sur le site du CRAT.
Ce que disent l’Anses et l’ANSM
Arbre à thé, niaouli, cajeput par voie orale
En décembre 2020, l’Anses a évalué les compléments alimentaires à base de ces trois huiles. Elle souligne l’absence de données spécifiques sur les risques de leur prise par voie orale chez les enfants et chez les femmes enceintes ou allaitantes, et déconseille leur usage dans ces situations.
Un avis médical avant usage
L’ANSM indique que l’utilisation des huiles essentielles chez la femme enceinte et chez l’enfant demande un avis médical préalable, surtout par voie orale. Elle ajoute qu’elles ne doivent pas être utilisées au-delà de quelques jours sans avis médical.
Les huiles réservées aux pharmacies
Certaines huiles ne sont vendues qu’en pharmacie, pour leurs propriétés neurotoxiques (absinthe, thuya, sauge officinale), irritantes (sabine, moutarde), phototoxiques (rue) ou cancérigènes (sassafras), selon l’ANSM. Ne les utilisez pas sans prescription.
Les précautions autour de votre bébé
- Le rangement. L’Anses rapporte que, dans un tiers des accidents qui touchent des enfants, une huile essentielle avait été donnée par erreur à la place d’un médicament, surtout de la vitamine D. Ne rangez jamais vos flacons à côté des produits de soin du bébé.
- La portée des enfants. Gardez les flacons hors de portée, en permanence.
- La diffusion. L’Anses demande d’aérer les espaces fermés quand vous utilisez un spray ou un diffuseur.
- Le niaouli et le cajeput. L’Anses recommande d’interdire leur prise orale aux enfants de moins de 30 mois et aux enfants ayant des antécédents d’épilepsie ou de convulsions fébriles.
Pour les règles propres aux nourrissons, lisez notre article À savoir avant d’utiliser des huiles essentielles chez un bébé.
Grossesse et allaitement : deux situations différentes
Pendant la grossesse, la question porte sur le fœtus. Pendant l’allaitement, elle porte sur le passage dans le lait et sur le contact du bébé avec votre peau. Les précautions de grossesse sont réunies dans notre article Femmes enceintes et huiles essentielles. Le message du CRAT reste le même dans les deux cas : en l’absence de données, mieux vaut s’abstenir à visée thérapeutique.
À qui poser la question
- Votre médecin ou votre sage-femme, pour un usage lié à un symptôme.
- Votre pharmacien, que l’ANSM recommande de consulter avant tout achat.
- Le fabricant, pour un cosmétique qui contient des huiles essentielles, comme le suggère le CRAT.